Nicolas Vargas

Nicolas Vargas ©Phil Journe

Nicolas Vargas est né en 1980. Infirmier en pédo-psychiatrie, il anime des ateliers d’art-thérapie. En 2008 il fonde l’A.T.I. – Assaut du théâtre imaginaire, édite une revue L’assaut, poésie nouvelle passée en revue et des affiches « Les A-tomes ».

Nicolas Vargas ne s’enferme dans aucune forme, se révélant de préférence sur scène, que ce soit en conférence pataphysicienne – Makasutra, dans des lectures pop-up – Mon écriture est laid, un effeuillage sonore – VHS Very Human Simplement, du spoken word ou du slam avec son groupe musical Bleu éther, puis dernièrement avec la danseuse Sabaline Fournier – Emovere.

Il a participé à de nombreux festivals dans des performances très physiques bien avant la publication de ses textes.

En 2017, trois titres sont publiés : VHS Very Human simplement aux éditions Lanskine, A-vanzar – chez Plaine Page et Emovere aux éditions La Boucherie littéraire, livre pour lequel il vient de recevoir le prix « Révélation de poésie » de la Société des Gens de Lettres.

Quand on suit une de ses performances, contenue ou débridée, c’est une énergie qui se manifeste, dans un corps, avec lequel il extrait le jus des mots.

« En fait : tout ce qui pourra secouer du corps. » écrit-il sur son site, tandis que Didier Bourda, directeur artistique du festival Poésie dans les chais relève « Toute une organicité que sait convoquer le poète. »

Sur la première affiche d’A-tome, Edith Azam termine son texte par cette phrase : « Penser étant avant tout du corps. ». Pierre Guéry, sur Diakritic, complète la figure : « Une gestuelle qui ne semble pas préméditée, qui suit les mots ou leur absence, et qui épouse instinctivement toutes les fissures de la langue. » Bernard Noël dans un entretien s’interroge sur ce qu’est l’écriture et dit : « il faut sortir le langage de l’abstraction pour le remettre dans le corps. »

Nous pouvons voir vers la fin du teaser de VHS – courte vidéo qui présente la performance – cette image en pied de Nicolas Vargas, dans sa bouche, posé sur sa langue. Cette question du corps dans la langue occupe la scène.

Dans ses textes, il malaxe les mots, ceux de son père espagnol, creusant la distance et les rapprochements, par glissements de sons et segmentations, créant d’autres sens, langue exploratoire : « LLAMAR // Y AMAR // … et aimer ».

Il se joue de la grammaire et de la syntaxe, n’importe quel mot pouvant faire verbe, « il se décal’osseux », « le mot s’encore », « un mouvement bleu qui se chaud ».

Il travaille la langue de l’intime comme une matière, la pétrit, la rumine autant qu’il la ruine, l’explose. Sur la page elle prend toutes les formes qui puissent traduire ces mouvements. Majuscule, italique, gras, fidèle à une tradition de vocabulaire typographe, il donne du corps et du caractère aux mots. Il s’autorise toutes les spatialisations, les blancs, les signes de ponctuations. Que le texte prenne chair dans le mouvement des mots. Ainsi du « corps cassé » de sa grand-mère devenu illisible, ou son bégaiement sur un « m » qui envahit la page, comme une touche d’ordinateur sur laquelle on appuie trop longtemps.

Il doute, aussi, et traduisant l’émotion que génère les mouvements de la danseuse, il note : « Un dictionnaire d’impuissance / rougit dans sa chute »

Textes ou performances, il tend à l’intense et écrit dans Capilla : « Les mots c’est toujours du feu écrit à la peinture noire. »

Roland Cornthwaite, 2017

 

Lire l’interview de l’auteur réalisée par les lycéens dans Les Entrevues

Lire les notes de lecture sur les ouvrages de Nicolas Vargas dans La Gazette des lycéens 2017

Extrait de la lecture de Capilla, texte inédit de Nicolas Vargas, accompagné de Jésus Aured (accordéon) et de l’Audiographe, création numérique et littéraire de Mickaël Lafontaine. Enregistré à l’occasion de MidiMinuitPoésie #17, vendredi 24 novembre 2017, sur la façade de la maison du Change, Nantes.

Extrait de V.H.S Very Human Simplement, performance de Nicolas Vargas, au lieu unique samedi 25 novembre 2017, à l’occasion de MidiMinuitPoésie #17.

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