Omar Youssef SOULEIMANE (Syrie)

© Phil Journé

Omar Youssef Souleimane est un journaliste et poète syrien né en Syrie près de Damas en 1987. Son éducation en Arabie Saoudite à l’adolescence dans une famille pieuse, ne le destinait pas à défendre les droits de l’homme et de la femme. Il doit se soumettre au dictat de l’école coranique qui appelle constamment à haïr l’occident, les chrétiens et les juifs. C’est pourtant là-bas qu’il se détourne de l’obscurantisme et découvre la poésie d’Éluard et d’Aragon, des poètes français chantres de la liberté et de l’amour. De cette période d’adolescence, il a écrit tout récemment Le petit terroriste, témoignage autobiographique littéraire. De retour en Syrie, il poursuit des études supérieures de littérature entre 2006 et 2010 à Homs, et devient un journaliste engagé défenseur de la démocratie, mais également un poète et publie quelques recueils. Au début du Printemps arabe en Syrie en 2011, il participe aux premières manifestations pacifiques contre le régime dictatorial de Bachar Al Assad. Après la répression féroce exercée par le régime, il entre dans la clandestinité et tente d’alerter la presse étrangère en envoyant ses vidéos à des médias internationaux. En vain. Le jour de son anniversaire en 2012, il se sent soudain en grand danger au point de quitter son pays. Peu après son arrivée en France où il a obtenu le statut de réfugié politique, il publie en 2013 aux éditions L’Oreille du loup un premier recueil de poèmes, L’amour ne séduit pas les ivrognes, grâce à Myriam Montoya, éditrice et poète colombienne.

Dans les poèmes qu’Omar Youssef Souleimane écrit à Paris sous le regard attentif de Salah Al Hamdani, poète exilé d’origine irakienne devenu son ami et qui le traduit entre 2014 et 2015, le jeune poète se remémore des scènes de la Syrie qui ont laissé des cicatrices et qui fleurissent en poésie loin de sa mère, de son père, de ses amis, et des balles qui laissent leur empreinte dans les chairs et dans l’âme. Ces poèmes traduits par Salah Al Hamdani et moi-même, sont alors publiés dans le recueil Loin de Damas.

Salah Al Hamdani présente ainsi Omar Youssef Souleimane : « Autant le dire tout de suite, la séduction et la rhétorique d’un discours ne font pas un poète. Elles ne peuvent singer l’expérience de l’exil. La culture arabe n’a cessé de fabriquer des poètes de salons. C’est peut-être pourquoi il est très rare de trouver dans cette culture arabe aujourd’hui, un poète authentique, désintéressé et profond. Celui-ci a failli perdre la vie en s’opposant physiquement à la dictature, aux faux résistants et finalement aux islamistes qui ont proliférés dans son pays, la Syrie, après son départ. Voilà pourquoi Loin de Damas d’Omar Youssef Souleimane, fait écho à notre pensée et donne de la hauteur à notre poésie arabe contemporaine. Ces poèmes se gardent bien de fabriquer un pseudo style littéraire, une souffrance factice. Notre ami poète ne se contente sûrement pas d’y juxtaposer des descriptions d’images de guerre relayées par les médias dans le confort d’un appartement parisien. Au contraire, ce qui émerge dans ces poèmes, est le produit d’une authentique expérience de la résistance, de l’exil et de la séparation. »

Isabelle LAGNY

Lectures bilingues, performances et entretien animé par Bernard Martin.

Mercredi 28 Mars 2018, 19h30, le lieu Unique.

 

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