Séverine DAUCOURT (poète française)

Quand on lit ce qui est écrit sur Séverine Daucourt, voici ce qu’on wiki-lit : Séverine Daucourt a été psychologue, journaliste, elle a écrit pour le théâtre, la chanson, mais avant tout… Séverine Daucourt est poète… Pas un ou une… Non… Poète !


Française, elle a vécu à Reykjavík – en Islande. Suffisamment pour s’imprégner de la langue ; elle a notamment traduit le poète Sjón.
En 2003, Séverine Daucourt reçoit le prix Ilarie Voronca, pour son recueil L’île écrite. J’y lis : « cette cire insulaire / déroulée sur mer / sans tain »… « aucune route à prendre / sauf celle / qui me traverse »… « les mots sont le refuge du froid »… « corps endoloris élan rompu / sève muette / semblent ».
Dans L’île écrite, j’y vois comme des bribes d’une difficulté à dire, une langue empêchée – congelée. En 2009, Séverine Daucourt publie Salerni – recueil de cinq textes courts – 5 élans, 5 ruisseaux qui feront les grandes rivières.
Dans Salerni, j’y lis : « tenter en tant que femme, courageusement tenter de ne pas être autre. De ne pas tenter l’autre » ; « dire clitoris sans les clarinettes ». « Poète poétesse. Mieux le poète la poète l’auteur l’auteure ou encore l’écrivain l’écrivaine. Bientôt la pute le put’. Se foutre du genre des mots la question n’est pas là. Pouvoir être homme sans en être un (être femme sans en être une) bref. Être du genre indifférent. » ; « L’égalité des sexes fait divorcer la langue… » ; « la langue dans tous les sens mais sans sexe, n’est ce pas ? » ; « la langue désexe ». Dans Salerni, j’y vois une Poésie « qui grandit dare-dare »… Une « voix-poème », emplie de « sensualité ».
Suivra, en 2012, un recueil, intitulé À trois sur le qui-vive.

Puis en 2017, Dégelle… Premier craquement elle / lui. Nous sommes passés de… Une île à… Un il… Avec évaporation du – e – disparition. Dans Dégelle, j’y lis. Mais non Séverine Daucourt le fera mieux que moi… Dans Dégelle, j’y vois une langue qui s’écoule  – à profusion – à plein torrent… Une rivière de mots, qui suit son lit – une langue qui joue… Oui… Et qui se joue des homo et des hétérophonies… Subtilement, le sens nous parvient – enfin « un des sens » ! La phrase s’avance, se syncope, puis s’imbrique, s’inter-pénètre… Les mots / syllabes prennent le large… Il y est question non pas de l’Amour, mais de La… Mour. Les lettres, même, permutent le « O » devance l’H, dans l’« Ohmme »… La ponctuation subit, aussi, ce réchauffement syntaxique, les points… D’interrogation, d’exclamation, les virgules, « dégoulinent » de la feuille ; la fonte des caractères se fait, formant flaque, prenant son pied de page.
Dans Dégelle, il est même fait mention d’une Fable – toujours La Fontaine – non pas que ça fourmille de cigales / non / mais « le chat et l’araignée »…
Séverine Daucourt, entre vos lignes – ne vous en déplaise – vous dansiez ? – j’en suis fort aise, et bien, Séverine Daucourt, chantez maintenant !

Alain MERLET

Lire les notes de lecture écrites par les lycéens dans La Gazette des Lycéens 2018

Lire l’interview de Sévérine Daucourt par les lycéens dans Entrevues

Lecture et danse improvisée avec Séverine Daucourt (poète) & Caterina Basso (danseuse), enregistrée à l’occasion du festival MidiMinuitPoésie #18 à Nantes, mercredi 10 octobre 2018. Organisé par la Maison de la Poésie de Nantes, en partenariat avec le Centre chorégraphique national de Nantes.

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